Connu en belgique au début des années 2000 en tant que résident du Dirty Dancing sous le pseudo « DJ Stephen », il s’est fait véritablement connaître aux yeux de tous avec Aeroplane qui a affolé les charts et les clubs tout au long de l’an passé.
Surprise, en juin, le duo se sépare et Stephen se lance alors dans son nouveau projet solo connu sous le nom de The Magician : une façon pour lui de se lancer enfin dans la production, celle comme il l’entend, c’est à dire influencée par les années 80 avec un côté très sexy.
Tu es content de venir jouer à Lille ?
Oui, c’est toujours un plaisir de venir jouer chez vous. Il y a une petite histoire avec Lille : premièrement, c’est pour moi la ville française la plus belge. Ensuite ça a été la première ville où j’avais joué en tant que Dj Stephen en dehors de la Belgique. C’était pour la toute première édition du NAME Festival. Ensuite j’ai joué aussi au Kiosk et pour une soirée plus underground dans une ferme perdue dans les campagnes..
Oui c’était l’association Shake Up qui avait organisé cette soirée dans une ferme il y a 5-6 ans..
Oh je m’en rappelle! Le lendemain, mon pote et moi avions enchainé avec le concert de Royksopp à Bruxelles puis on avait terminé la soirée au Dirty Dancing pour Kerry Chandler. Ce fut un weekend de dingue!
Tu parles de Stephen qui est en fait ton premier projet. Peux-tu nous raconter comment tu en es venu au deejaying etc ?
La toute première personne qui m’a amené dans la musique, c’est mon oncle qui lui aussi était dj et collectionneur de disques. Quand il a stoppé, Il m’a offert sa collection ainsi que deux platines Lenco (celles-ci ont un pitch-control allant de 16 à 78 tours, ce qui était vraiment fun!). La plupart des disques étaient de la disco italienne (puisque nous sommes d’origine italienne). De mon côté, j’en achetais déjà : pop, new-beat, acid house et je mixais le tout comme je pouvais.
T’es autodidacte, donc ?
En effet, j’ai appris à mixer tout seul. J’avais 12 ans lorsque j’ai mixé deux disques ensemble pour la première fois. C’était en 1988. Ensuite lorsque j’ai commencé à sortir en clubs, j’étais scotché à côté du dj et regardais sa technique.
A 12 ans tu voulais déjà devenir dj ?
J’étais assez nul à l’école. Ca m’ennuyait beaucoup donc j’ai tout misé sur la musique. Mes amis m’encourageaient. J’étais le dj du quartier et faisais des cassettes pour tout le monde. Quelques années plus tard aux alentours de 17 ans un mec m’a dit : «serais-tu intéressé de venir jouer dans mon bar ? ». Sur le coup j’ai eu peur de la proposition car étant très timide je n’imaginais pas jouer devant un public. Mes amis m’ont forcé à y aller et la soirée s’est bien passée. Je jouais de 21h à 06h du matin : j’y allais avec mon matos car je trouvais que le leur n’était pas bon. Tous les weekends, j’emportais platines vinyles, ampli + enceintes et 3, 4 caisses de disques dans le coffre de ma voiture. Je jouais toute la nuit seul en commençant par du trip-hop, downtempo ensuite disco-funk, house et je terminais techno, mais techno de Detroit.

The Magician lors de l’anniversaire du Supermarket Club, le 15 octobre dernier
Ca a duré combien de temps ?
J’ai fait ça presque tous les samedis pendant 3 ans.
Et tu as fait quoi ensuite ?
Ensuite, un dj bruxellois se prénommant Rudy m’a repéré dans ce bar à Charleroi et m’a proposé de venir à ses soirées au Fuse à Bruxelles. J’avais pris un peu d’assurance dans ce bar donc j’ai dit oui pourquoi pas, je vais essayer. J’ai été résident là-bas pendant 4 ans.
T’as déjà organisé des soirées de ton côté ?
Oui avec des potes à Charleroi. Les soirées s’appelaient «Lounge Celebration». J’y ai rencontré beaucoup d’artistes comme Ivan Smagghe, Tiefschwarz, Riton, Freeform Five, et bien d’autres comme Renaud (Cosy Mozzy, Mustang) qui organisait les soirées Movida. Par la suite, il m’a proposé de faire partie de l’équipe des résidents du Dirty Dancing au lancement du club. J’y ai joué 6 années.
On t’a connu pendant plusieurs années sous le nom de Stephen, qu’est-ce qui t’a poussé à changer de nom pour The Magician ?
Stephen c’est moi dans la vie de tous les jours, avec ma famille, mes amis… Et The Magician, c’est la nuit. C’est un personnage. Cela dit,il apparait de temps en temps aussi la journée!
Ton émancipation est-elle un peu à l’origine de la séparation avec Vito ?
En fait Aeroplane a toujours été pour tous les deux un espèce de compromis de tas de trucs que lui voulait faire et que moi voulais faire. On essayait toujours de trouver un juste milieu. Ca a fonctionné pendant un certain temps et plus le temps avançait, plus on tournait comme des fous, pression, etc… Vito préférait faire de la musique chez lui, il aimait moins tourner. Je lui faisais entièrement confiance car nous savions comment Aeroplane fonctionnait. Moi pendant ce temps là, je m’occupais de l’image et j’allais jouer seul de mon côté pour représenter Aeroplane. La dernière année a été vraiment difficile : avec les tournées, la pression de l’album c’est devenu très tendu… Tu sais quand tu vis avec la même personne 24 heures sur 24 dans un studio, dans les clubs, les avions, les hôtels, au restaurant.. Y’a un moment donné où ça devient compliqué…
Pour parler de ton nouveau projet, tu as parlé d’une collaboration avec Yuksek. Tu peux nous en dire plus ?
Pour The Magician, je travaille seul à la maison. Je compose mes morceaux et remixes. Ensuite je fais le mix final dans un studio avec l’aide d’un pro.
Avec Yuksek on a discuté cet été à Calvi on the rocks et on s’est dit que ça serait cool d’essayer de faire un truc ensemble.
C’est une collaboration The Magician x Yuksek ? Il n’y a pas de nouveau nom ?
Pas encore de nom… Pour l’instant je me rends à Reims de temps en temps et on met nos idées en commun.
Quel style ?
Un peu disco, un peu electro, un peu pop, un peu catchy, un peu cheesy, le tout entre 110 et 123 bpm. On a terminé 3 tracks la semaine passée. Je les ai testé en club ce weekend et les réactions sont très positives!

The Magician lors de l’anniversaire du Supermarket Club, le 15 octobre dernier
Pour ton premier remix tu as eu l’occasion de remixer The Red Kiss de The Aikiu, comment ça s’est passé ?
C’est Dirk De Ruyck du label Abracada qui m’a proposé de faire ce remix. Il me l’a envoyé, et là j’ai adoré le vocal, très 80’s, très gay 80. J’étais hyper inspiré, j’avais un truc en tête. Ca a été assez difficile car je n’avais jamais produit seul. J’ai bossé dessus pendant l’été et l’ai mixé à Gand.
Ton nouveau projet te permet de te mettre à la production. J’ai vu que tu étais en train de finir ton premier maxi. Où ça en est ? As-tu déjà des pistes pour des labels et/ou d’éventuels remixeurs ?
C’est en effet quasiment terminé, je dois maintenant voir avec les disponibilités d’un studio pour tout finaliser. Remixeurs et labels ça reste encore secret..
On associe la new-beat à la belgique mais depuis quelques temps on parle beaucoup de Villa, Aeroplane etc. Est-ce que tu penses qu’il y a une sorte de «belgian touch» évidente ?
Oui bien sûr. On a d’ailleurs sans doute été les instigateurs du style en Belgique avec Aeroplane. Mais ce qui est intéressant c’est que par exemple lorsque Villa fait de la nu-disco ils le font encore d’une façon différente. Mustang même chose, The Living Islands ou Mickey, pareil. On reste tous dans ce créneau nu-disco mais avec des influences différentes et on n’utilise pas les mêmes machines pour produire, ce qui donne un son caractéristique à chacun.
Tu parles d’influences, qu’est-ce qui t’a influencé à tes débuts ?
En tant que dj c’est la pop, la disco et la new-beat. Quand j’étais gamin mon père écoutait Supertramp, Queen, Alan Parson Project, ces choses là. Je baignais dans cette musique. J’écoutais la radio non-stop. C’était une obsession.
Faire du conservatoire ça ne t’a jamais attiré ?
Non jamais.. Je regrette quand même qu’on ne m’y ai pas obligé vers l’age de 7, 8 ans.
Tu préfères faire danser les gens ?
Oui, mais j’adore faire de la musique! Même si je n’ai pas fait de conservatoire,j’ai une oreille musicale. J’entends quand ça sonne faux. Je ne sais pas jouer de guitare, ni de batterie mais par contre je sais jouer du synthé, programmer un beat, une ligne de basse. Je pense qu’à l’heure actuelle en studio il est beaucoup plus question de programmation. En tout cas dans ce que je produis, comme je ne suis pas musicien, ça me laisse le temps de trouver le bon accord.
Tu te vois faire autre chose que des productions dites «club» ?
Oui bien sûr. Je pense que mon remix pour The Aikiu le prouve. C’est n’est pas le genre de morceau que tu entends dans les clubs en 2010. Larry Levan l’aurait peut-être joué au Paradise Garage? Ca sonne 80’s avec un kick-drum très léger. Je n’avais pas envie de faire un truc club actuel, je voulais vraiment que ça reste sexy.
Tu dis prendre ton temps avec ce nouveau projet. Est-ce que tu as une approche différente dans ta manière de faire ?
Je suis un mec qui s’ennuie très vite donc j’ai besoin que tout aille vite. J’aime me renouveler non stop. J’ai toujours de nouvelles idées. Lorsque ça commence à devnir toujours la même chose, ça m’ennuie et je laisse aller les choses. C’est peut-être un peu ce qui s’est passé avec Aeroplane. J’ai laissé Vito prendre de plus en plus de place et ça a évidemment joué dans notre séparation.
C’est quelque chose que tu regrettes ?
Pas vraiment.. car c’est dans ma personnalité mais c’est parfois flippant car je ne vis pas les choses au moment présent. C’est comme ça pour tout. Par exemple, je vais un acheter le dernier bouquin de design limité à 1000 exemplaires, je vais être hyper excité de l’obtenir pour ensuite le laisser prendre la poussière dans ma bibliothèque. Pareil pour les fringues, je peux flasher sur une chemise Martin Margiela, la mettre qu’ une fois puis la laisser dans ma garde-robe. Par contre je suis très (ou trop) conservateur! Je garde tout!
D’ailleurs en parlant de mode, j’ai cru comprendre que c’était ta copine qui réalisait tes costumes ?
Oui. On a dessiné mon costume ensemble.
C’est quelque chose d’important pour toi de conjuguer la musique et aussi ton apparence ?
C’est hyper important. Je suis un maniac de l’apparence mais jusqu’à une certaine heure…
The Magician, Magic Tape Six
Prochaines dates de The Magician :
13/01 : Popscene @ Rickshaw Shop // San Francisco // Usa
14/01 : Ginger 62 // Vancouver // Canada
15/01 : A Club Called Rhonda // Los Angeles // Usa
19/01 : U Hall // Washington DC // Usa
20/01 : Snacks @ Voyeur // Philadelphia // Usa
21/01 : Fixed @ Public Assembly // New York // Usa
22/01 : Wrong Bar // Toronto // Canada
23/01 : Wonderbar // Boston // Usa
28/01 : Hive // Zurich // Switzerland
29/01 : Spacestation @ Ministry Of Sound // London // Uk
04/02 : Razzmatazz // Barcelona // Spain
19/02 : Death Disco // Glasgow // Scotland
22/02 : E-Lektrica // Rome // Italy
04/03 : Partizan // Thessaloniki // Greece
05/03 : Yes It Does // Athens // Greece
10/03 : Ulah @ Train // Aarhus // Denmark
12/03 : Pulse // London // Uk
19/03 : Alive @ Loop Club // Naples // Italy
25/03 : Josephine // Sao Paulo // Brasil
26/03 : Vibe Club // Curitiba // Brasil
02/04 : Libertine Supersport // Brussels // Belgium
15/04 : La Cave Aux Poètes // Lille // France
24/04 : Cosmic Boogie // Leeds // UK









