A 34 ans Krazy Baldhead est bien l’ovni du label Parisien qu’on ne présente plus, Ed Banger Records. Il est l’un des premiers à rejoindre l’écurie de Pedro Winter et a livré son premier album The B-Suite il y a peu. Loin des sonorités électro de Justice ou encore SebastiAn, il nous amène dans un univers différent celui de l’électro/hip-hop. Rencontre avec Krazy Baldhead.
Pourquoi avoir attendu si longtemps avant de sortir ton premier album ?
C’était pas délibéré d’attendre, il fallait que j’aie de la matière. Ca sert à rien de sortir des trucs pour les sortir. A côté de ça j’ai bossé sur d’autres projets qui vont sortir sur d’autres labels. Je me suis occupé en attendant. Je sais pas si c’était vraiment le moment de toute façon puisqu’il y avait pas mal de bruits autour d’un groupe avec une croix. Au niveau timing c’était pas idéal.
On ne retrouve aucun des titres qui étaient sortis précédemment sur tes maxis ? C’était également une volonté de ta part de repartir sur quelque chose de «neuf» ?
Déjà le fait que mes premiers morceaux datent de 5 ans donc au niveau de la production j’avais pas mal évolué. J’avais envie de fraîcheur.
Tu as senti une évolution par rapport à ce que tu faisais au début ?
Oui et non car j’ai l’impression de revenir à ce que je faisais avant. Je me suis cherché sur quelques trucs mais maintenant je trouve que l’album est plus cohérent que mes premiers maxis. J’ai beaucoup évolué au niveau de la production et des influences.
A l’écoute de l’album on retrouve très peu de sonorités électroniques, quelle est ta manière de composer ?
J’ai tout sur mon ordinateur mais j’ai à côté aussi quelques instruments. Pour l’album j’ai demandé à un violoniste, un saxophoniste de venir. Y’avait un côté par rapport à mon passé (10 ans de conservatoire) où j’en avais marre de me freiner musicalement, c’était bête de se bloquer à ce niveau là donc j’ai foncé en faisant ce que j’avais envie de faire.
Avant Krazy Baldhead t’avais d’autres projets ?
Je me suis cherché pas mal avant ça mais j’ai jamais rien sorti. Je bossais dans mon coin. Je fais de la musique depuis 15 ans donc oui j’ai bossé dans d’autres projets mais ma première véritable identité c’est Krazy Baldhead.
Comment se sont déroulés tes featurings sur l’album ?
J’ai rencontré les gens on s’est bien entendu. C’est vraiment personnel. Je me suis pas mis sur myspace à la chasse au MC. Ce sont tous des Japonais encore que il y a une histoire derrière. L’an dernier je suis parti faire une tournée en Asie avec Vicarious Bliss et j’avais vraiment envie de faire un truc avec des Japonais. Une semaine avant j’ai envoyé un mail à Pedro en lui disant que je serai à Tokyo prochainement et savoir s’il pouvait me mettre en contact avec des MC là bas. Finalement, ça s’est fait avec Outlines, on a enregistré les morceaux à Tokyo.
Pourquoi cet album est décomposé en mouvement ?
Ca vient d’une oeuvre de classique qui s’appelle Shéhérazade de Nikolaï Rimski-Korsakov . Il a fait un truc super connu le vol du bourdon. L’oeuvre de Shéhérazade je l’ai écouté quand j’étais au conservatoire et ca m’a marqué. C’est une oeuvre décomposée en 4 mouvements avec des thèmes différents. Je me suis mis à la réécouter il y a un peu plus d’un an en me disant qu’il y avait sûrement quelque chose à faire là dessus en électro. Essayer d’adapter le format. C’était un peu un challenge sans vraiment savoir ce que ca allait donner. L’histoire des parts à l’intérieur c’est différent. Moi je voulais sortir l’opus qu’avec 4 pistes sur le cd. A cause des histoires de iTunes ils peuvent pas gérer un album avec 4 pistes. Pour le coup c’est vraiment une contrainte. Je trouve ça con car un mec avec son iPod en shuffle qui va tomber sur 4 è mouvement Part 8 etc.. va pas trop comprendre le sens de ma musique.
J’ai vu que tu faisais pas énormément de remixes. C’est pas quelque chose qui t’attire ?
Si beaucoup mais c’est que l’on m’en propose pas énormément peut-être par le fait que ma musique n’est pas super club. Je pense que les gens qui veulent plus quelque chose de plus club s’adresseront à d’autres personnes du label.
Il y a des personnes avec qui tu aimerais collaborer ?
Oui mais plus des instrumentistes. C’est plus ça qui m’intéresse. Mais vraiment en terme de collaboration ça me brancherait de travailler avec un quelqu’un qui vient d’un univers complètement différent.
Au niveau de tes projets pour la suite, envisages-tu déjà de faire un second album ?
Je ferai pas une suite de celui-ci. J’ai pas envie de devenir le mec qui fait des truc avec un format spécial. Je vais revenir à des choses plus classiques. J’avoue que je suis tenté d’encore plus m’orienter vers le jazz.
Krazy Baldhead – 1st Movement Part. 1
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